Turquie : la romancière Asli Erdogan risque la perpétuité !

Démocratie en danger ?

Suite au putsch de juillet 2016, où le président Turc Erdogan a failli être renversé, ce dernier opère depuis des mois une "chasse aux sorcières", nous savons que 60 000 personnes ont été arrêtées en seulement quelques mois ! La presse et les médias, en général, subissent des arrestations de la part du gouvernement. En effet, la journaliste et romancière Asli Erdogan arrêté le 16 août 2016 vient d'être condamnée à la prison à perpétuité ce qui a ému les médias du monde entier.

Elle est accusée d'être « membres d'une organisation terroriste armée », d'« atteinte à l'unité de l'État et à l'intégrité territoriale du pays » et de « propagande en faveur d'une organisation terroriste ».. Or, on sait qu'Erdogan entend rétablir la peine de mort (qu'il a lui-même abolie...), on peut craindre le pire !

En réalité, Asli Erdogan n'a fait que son travail de journaliste, en informant de l'arrestation de certains de ses collègues et en révélant qu'une centaine de journalistes étaient en prison, elle a en outre, dénoncé le viol de jeunes filles kurdes par la police Turque. En tout, 170 journaux, magazines, radios et télé ont été fermés et interdits par le gouvernement Turc. Elle nous alerte dans sa lettre qu'elle a rédigée en prison, que le président Erdogan lance une persécution contre toutes les personnes qui osent le critiquer. Les intellectuels sont également persécutés et arrêtés.

Asli alerte l'Europe sur un risque certain de dictature en Turquie. Elle appelle l'Europe doit prendre ses responsabilités, en défendant la démocratie, les droits humains, la liberté d'opinion et d'expression…

Par ailleurs, depuis son élection en 2014, M. Erdogan insiste sur la révision de la Constitution pour instaurer un régime présidentiel où les pouvoirs du premier ministre reviendraient au chef de l'Etat.

La semaine prochaine, la réforme destinée à élargir les pouvoirs exécutifs du président turc Recep Tayyip Erdogan doit être présentée au Parlement, si elle était votée elle serait un réel danger pour la démocratie en Turquie.

Sources : Le Figaro et Libération.